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Label « Pain de sucre » : le Bénin obtient sa première IGP pour l’ananas


C’est la première étape d’une valorisation du fruit et de l’agriculture du pays. En obtenant sa première IGP pour l’ananas « Pain de sucre », le Bénin s’assure une visibilité à l’international pour l’un de ses principaux produits agricoles. A plus long terme, c’est toute l’agriculture nationale qui pourrait profiter de ce processus.


« Ananas pain de sucre du plateau d’Allada-Bénin ». C’est sous cette appellation exacte que la première Indication géographique protégée (IGP) jamais obtenue par le Bénin a été enregistrée, le 28 octobre dernier, à la Chambre de Commerce et de l’Industrie du Bénin.

Un atout majeur dans le commerce international

Cette IGP est délivrée par l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), qui compte 17 États membres africains. Elle met en avant des produits dont la qualité est liée à un terroir spécifique (qualité du sol, climat…), à des techniques ou encore à un savoir-faire particulier. En un mot, c’est un atout majeur dans le commerce international. Elle est le résultat de plusieurs années de collaboration entre l’Oapi et le Projet d’appui au renforcement des acteurs du secteur privé (Parasep), financé par l’Agence française de développement et l’Union européenne.

L’ananas, une filière soutenue par le Programme d’actions du gouvernement

L’ananas fait partie des filières agricoles porteuses particulièrement accompagnées par le Programme d’actions du gouvernement (PAG), mis en œuvre par le président Patrice Talon depuis cinq ans, avec, outre le coton, le riz, l’anacarde ou encore le karité. Son but : impulser la création de pôles agricoles et industriels et faire du secteur agricole, qui emploie 70 % environ de la population active, un levier de développement économique. Fruit de cette politique, la production totale d’ananas a atteint 350 345 tonnes en 2019 au Bénin, soit plus de 100 000 tonnes de plus qu’en 2016.

Toujours dans ce cadre, les autorités publiques et leurs partenaires ont multiplié les efforts pour améliorer la filière de l’ananas, de la production à la distribution, en passant par la transformation, lui permettant de conquérir le marché domestique avant de sortir vers le Nigeria, le Burkina Faso, le Niger, le Mali et jusqu’au Maroc. L’IGP « Pain de sucre » sera un nouvel argument pour consolider ces parts de marché et en gagner d’autres, notamment en Europe.

« Une étape, pas une fin en soi »

Gaston Dossouhoui, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, qui est aussi le Président du comité national des indications géographiques, s’est réjoui de l’obtention de cette IGP. Il a néanmoins précisé qu’elle « ne doit pas être perçue comme une finalité, mais plutôt comme une étape qui doit être suivie d’un travail continue afin de respecter les cahiers des charges » établis. « Je voudrais compter sur la participation des opérateurs économiques pour développer de véritables clusters, de façon à porter haut le flambeau de l’ananas, a-t-il ajouté. » Il a par ailleurs invité les producteurs de gari Sohoui de Savalou ou d’huile d’arachide d’Agonlin à accroître leurs efforts pour que leurs productions obtiennent elles aussi l’IGP de l’OAPI.


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